Le billet de Monsieur Cinécruche

Aujourd'hui :
De fascinantes escapades fascinantes
Avant-propos bien mérité
Ce qu'il y a d'épatant avec la pause du temps des fêtes est sans doute la pause elle-même. Ou plutôt l'utilisation judicieuse qu'il est permis d'en faire. Ainsi, pendant que vous vous complaisiez dans une nostalgie malsaine en écoutant des reprises de Passe-Partout à Télé-Québec, j'ai péniblement tenté de saisir l'engouement maladif que pouvais susciter cette émission-jeunesse au sein de la génération du même nom. En vain. Aussi, savoir que nous serons bientôt dirigé par une caste d'élites vouant tous, plus ou moins secrètement, un véritable culte à la gloire de cette œuvre de propagande peuplée de personnages niais, de marionnettes ringardes et d'historiettes à la morale doucereuse me laisse entrevoir notre avenir collectif avec -- et je pèse mes mots -- une extrême circonspection.
Honnêtement, les Oraliens c'était autre chose.
Sinon, j'ai trimé dur pour faire bonne provision de fariboles, périphrases à double-sens unique et autres futilités diverses prêtes à être déversées sur les flots tumultueux du cyberespace. Toutefois, puisque même un génie fondateur comme moi a besoin de doux moments d'évasion, j'ai également cédé à une oisiveté somme toute assez relative; mais combien lénifiante.
Un drame 5 étoiles
Première étape dans ma quête effrénée de divertissement de qualité : le Superclub Vidéotron. Arrivé sur les lieux, j'ai tôt fait de repérer la rangée des nouveautés afin de m'y diriger illico *. (Inutile de préciser que j'ai savamment feint d'ignorer l'envahissante préposée à l'accueil avec une subtilité qui m'honore.) S'en suivit une valse-hésitation d'une heure et demie entre Le Corps de Jennifer et une jaquette de film illustrant plusieurs acteurs qui regardent sérieusement sur le côté. Le regard livide et les lèvres exsangues, je fus bousculé dans mon choix par le jeune commis à la physionomie pustuleuse qui tentait désespérément de fermer sa caisse depuis un bon 20 minutes. En désespoir de cause perdue, j'ai finalement jeté mon dévolu sur le drame intimiste Le Fusilier Marin 2. Une sage décision que celle-ci. À tel point, que je serais sûrement en train d'écouter le préalablement non-visionné "Le Fusilier Marin 1" si ce n'était de mon irrépressible propension à vouloir demeurer sain d'esprit.
(* NDLR: Les calembours vaseux contenus dans ce texte furent rédigés sous l'effet d'une absorption massive de bière Guiness. Nos excuses les plus formelles. Parlant de mixture brunâtre à consonance gaélique, nous aimerions saluer de façon posthume l'immortel interprète d'Obi-Wan Kenobi, Alec Guiness. Ainsi que son demi-frère aliéné Record. Record Guiness.)
Une déception de taille
Voulant me plier docilement aux diktats d'un empire médiatique que je citais récemment, j'ai par la suite mis les voiles en direction du Centre Bell Téléphone à bord de ma rutilante cruchomobile 2002. Dans le but, vous vous en doutez bien, de participer pleinement au délire collectif entourant "Pour toujours, Les Canadiens". Malheureusement (le mot est trop faible), le chef-d'œuvre annoncé à pleine page dans le cahier cinéma d'un journal peu scrupuleux semblait faire relâche ce soir-là. J'ai donc dû me rabattre sur un interminable spectacle mettant en vedettes une musique nouvel-âgeuse assommante, une fille qui fait tourner des cerceaux avec ses pieds et des frais de service de 12,50 $ par billet. (Vous trouverez une représentation graphique de la détresse encourue à cette occasion dans la série de films "Décadence".) Vraiment, les épithètes me manquent pour décrire ce supplice servant à financer les envolées cosmiques d'un milliardaire de renom. En voici tout de même une : exécrable.
Une soirée à se souvenir de
Dernière étape dans ma poursuite d'un bonheur aussi factice qu'éphémère : un power center de banlieue. Une escale salvatrice ou j'en ai profité pour me faire fasciner par un fascinateur professionnel. Une expérience proprement... fascinante. Combinez d'ailleurs ce fabuleux spectacle présenté à l'Étoile du Dix30 (l'endroit où voir vos stars préférées) avec un repas des plus culinaire au chic restaurant Le Cumulus et vous obtenez une de ces soirées que je qualifierais même d'un adjectif qualificatif.
Et puisqu'il est question de fine cuisine surévaluée du 450 : mes compliments au chef. La tranche d'oignon originellement non-incluse dans mon hambourgeois deluxe était particulièrement savoureuse. Un léger supplément de 5 dollars délicieusement dépensé. Bien sûr, un esprit grincheux pourrait arguer qu'il s'agit là de l'arnaque du siècle en matière de condiment de luxe. Cependant, si l'on prend en considération la somme astronomique qu'un propriétaire de chic restaurant de style néo-Miami Vice doit dépenser en gazoline, jour après jour, dans le simple but de se véhiculer du point A au point B à bord de son Hummer, on se dit que, finalement, y'a rien à dire. Et on défraie la note en observant finement que contribuer ainsi au réchauffement climatique (avec une misérable tranche d'oignon) est également proprement fascinant. Presque aussi fascinant en fait, que se couvrir de ridicule devant 2000 spectateurs hilares en imitant malgré soi le cri d'une hyène en rut.
Un juste retour des choses
Au retour de cette virée mémorable à l'ombre du château de Maxim Lapierre, j'ai mis un peu d'ordre dans ma collection de chroniques de Stéphane Laporte. Dans le fol espoir, bien sûr, d'améliorer l'impact de mes écrits au contact de sa plume légendaire. Le présent billet sera le testament éternel de mon lamentable échec.
Une conclusion en bonne et due forme
En terminant, j'aimerais souhaiter à tous une épatante année 2010.
Je le ferai donc un moment donné.
* * *
Dans un prochain billet, je tenterai d'écrire un billet avec juste une phrase.
Signé Monsieur Cinécruche, génie fondateur.
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