Le billet de Monsieur Cinécruche

Aujourd'hui :
James Cameron, le démiurge prophétique
Avant-propos sans concession
Je vous avisais, dans une précédente édition, de mon intention irrévocable de ne pas voir Avatar. Pour des raisons qui ne vous concernent absolument pas, j'ai eu la chance d'assister récemment à une présentation publique de l'œuvre de James Cameron. Deux fois.
Voici donc, dans un style âpre et implacable, mon billet dithyrambique sur ce chef-d'œuvre inébranlable du 21ième siècle. Au cours de ce texte qui s'annonce en tout point remarquable, je réfuterai *, systématiquement et sans remords, quelques unes des attaques injustifiées dont fut la cible ce jalon monumental dans l'ère du cinéma. Et challengerai, chemin faisant, Marc Cassivi dans le vaste domaine des comparaisons cinématographiques douteuses.
(* Pour éviter toute confusion possible, veuillez noter que les éléments à réfuter seront inscrits en lettres capitales rouges, suivi d'un point d'interrogation situé entre deux parenthèses.)
Un jeu vidéo 3-D destiné à un public de 12 ans  ( ? )
Comme vous ne le savez sans doute pas, il fut déterminé, autrefois, que le médium est le message. Ou, plus précisément, que la nature d'un média compte plus que le sens ou le contenu du message lui-même. Or, en étant le premier à avoir harnaché toutes les promesses de ce canal de transmission mythique dans une perspective tri-dimensionnelle, Cameron, tel un D.W. Griffith de l'âge numérique, prouve non seulement qu'il a parfaitement assimilé la signification profonde de ce paradigme; mais, également, met en relief l'incompétence crasse de ces pseudo-intellectuels petits-bourgeois qui, par leurs discours critiques remarquablement déphasés, démontrent, quant à eux, qu'ils n'ont visiblement rien compris au génie visionnaire de Marshall McLuhan *.
Ainsi, la prochaine fois qu'il sera fait mention de l'apparente indigence du scénario d'Avatar dans une publication virtuelle grand public, gardez à l'esprit ce formidable élément d'analyse. Et utilisez-le avec brio pour remettre à sa place ce jeune blanc-bec a malpoli, inféodé aux idées toutes faites des "Cahiers du Cinéma".
(* Pour une démonstration interactive de cet énoncé irrécusable, référez-vous à la brillante séquence éponyme de la non moins brillante comédie-romantique "Annie Hall".)
Un discours écolomoralisateur simpliste  ( ? )
Il fut observé à propos d'Avatar :
« Quand tu sors du film, tu reviens à la réalité et tu la trouves assez laide. »
Honnêtement, je ne saurais dire si cette personne faisait référence à l'architecture particulière de l'un des mégalo-plex où est présenté le film de Cameron -- une architecture en forme de soucoupe volante --, mais qu'importe. Une chose est sûre cependant : ce genre de propos naïf est déjà plus pertinent, à tous égards, que le grief singulièrement farfelu coiffant ce paragraphe.
Un vulgaire Pocahontas de l'espace  ( ? )
Bien qu'il s'agisse-là d'une notion difficilement concevable pour la plupart d'entre vous, il est important de rappeler ici que l'histoire du cinéma n'a pas débuté spontanément avec le "Roi Lion" en 1994. Aussi incroyable que cela puisse paraître, d'autres films furent pensés, écrits et même réalisés avant cette date quasi-mythique. Déjà, à l'époque précambrienne du septième art, David Lean, cinéaste de renom, et Robert Bolt, dramaturge respecté, unirent leurs considérables talents pour offrir à la postérité quelques uns de ses plus beaux fleurons cinématographiques.
Un de ces joyaux de la triple-couronne se résume d'ailleurs ainsi :
« Un officier anglais est envoyé en mission très spéciale dans une contrée lointaine et exotique. Officiellement, il doit agir comme agent de liaison auprès des autochtones; mais, en réalité, on attend de lui qu'il recueille des renseignements stratégiques. Progressivement, il se liera d'amitié avec ces peuplades sauvages, unira celles-ci contre un ennemi commun, livrera bataille, et, ultimement, deviendra pour elles source de légende. »
À l'avenir, tâchez donc d'être moins juvénile dans le choix de vos références; et reconnaissez Avatar pour ce qu'il est : une relecture admirable de ce classique intemporel.
Avec Jakesully dans le rôle de Orence. James Cameron dans celui de David Lean. Un américain à la place d'un anglais. Et, tel que démontré précédemment, des avancées technologiques de pointe émulant la prose de Robert Bolt.
Une conclusion des plus cohérente
Voilà qui, je crois, fait pas mal le tour des récriminations bidon pouvant être formulées à l'égard du plus grand spectacle cinématographique de tous les temps. Si l'on fait fi, bien entendu, de la proverbiale irritation à la base du nez causée par les lunettes 3D.
Avant de quitter, j'espère que cette défense exemplaire d'Avatar vous incitera à vous précipiter, vous aussi, vers un de ces mégalo-plex à l'architecture particulière. Afin de goûter, si ce n'est déjà fait, à la magie incomparable de James Cameron; ce démiurge prophétique.
* * *
Dans un prochain billet, j'analyserai pour vous la récurrence aléatoire des gags à saveur scatologique dans la filmographie de Pauly Shore.
Signé Monsieur Cinécruche, génie fondateur.
Vous trouvez que Monsieur Cinécruche en fume du bon ? Dénoncez-le sur notre mur de la haine. Ou encouragez-le dans son délire en enregistrant un commentaire ci-dessous.

Aucun commentaire. Soyez le premier à dire des niaiseries !