Le billet de Monsieur Cinécruche

Aujourd'hui :
Hommage au(x) génie(s) québécois
Avant-propos réputé
La blogosphère, quelle invention épatante tout de même. On dira ce qu'on voudra, mais cette chose intangible développée dans les laboratoires du CERN sous la supervision de John Blog lui-même en décembre 1997 a changé ma vie. Bien sûr, un séjour prolongé en ses territoires les plus nauséabonds peut causer, quelquefois, des séquelles irréparables pour le corps et l'esprit, mais, pour ma part, je lui dois tout. Tenez : aurais-je eu la chance, récemment, de me couvrir d'une gloire des plus confidentielle sur les ondes de CIBL sans l'intervention inopinée des forces obscures du cyberespace ? Qui plus est, aurais-je eu le déplaisir, par la suite, de voir le doux parfum de ce moment historique trouver brèche, telle une effluve irrésistible, jusqu'aux cellules olfactives du recherchiste de Christiane Charette avec, pour promesse à la clé, une humiliation prochaine sur les ondes radio-canadiennes en compagnie du regard assassin de Marc Cassivi ? Pour des raisons assez techniques qu'il serait vraiment trop fastidieux d'énumérer ici : non.
Bref, la blogosphère a fait de moi l'homme que je suis; ce genre d'idole instantanée polluant compulsivement les fils de presse du Facebook et dont vous aurez peine à vous souvenir de d'ici un mois et demi.
L'art du possible
Mais trêve de divagation pouvant confiner, sous l'œil du néophyte, à une vantardise de mauvais goût; et prenons plutôt exemple sur les participants de ce jeu questionnaire palpitant animé naguère par le beau Brummel de ces dames avec un panache indéfectible : enchaînons.
Une affiche alléchante
C'est avec une émotion assez palpable que je n'ai pas assisté, cette semaine, au dévoilement des nominations en vue du prochain gala des prix Jutras *, la kermesse annuelle du cinéma québécois.
L'annonce, présidée par la mère du gars qui jouait dans CRAZY, s'est déroulé, parait-il, dans une atmosphère festive rappelant vaguement les beaux jours du Ranch à Willy. Également présent sur les lieux : charcuterie fine du terroir, sandwiches aux œufs avec pas de croûte et membres du gratin à volonté. Un cocktail, il va sans dire, des plus explosif.
(* Veuillez noter que toute requête ayant comme thème « prix Jutras ça s'écrit avec pas de S » sera reçue, considérée, puis rejetée avec la désinvolture d'un dandy londonien arpentant le bitume de Leicester Square en 1967. Merci de votre incompréhension.)
Une absence de marque
Il fut fait grand cas, par le passé, du mode de sélection privilégié par l'Académie des prix Jutras. Pas assez ceci pour les uns, voire trop peu cela pour les autres, l'épineuse problématique de la désignation des finalistes ne laissait personne indifférent; hormis, bien sûr, la vaste majorité de la population.
Après un examen de conscience à huis clos de plusieurs semaines, les sages de l'Académie en arrivèrent finalement, dans un rare moment de lucidité, à un compromis privilégiant, désormais, juste un peu de ceci mais beaucoup de cela.
D'un naturel assez timoré en ce qui concerne les débats de société n'intéressant personne, je laisse à mes savants confrères le soin de commenter ce nouveau mode de scrutin. Néanmoins, soulignons ici une évidence de bon augure chez les nominés de pointe : l'œuvre désormais emblématique issue de l'esprit tourmenteur de Bernard Émond n'en fait pas partie.
Un formidable duel des titans
Kermesse annuelle disions-nous (avant de perdre fâcheusement le contrôle de cette chronique).
Dominant icelle avec un nombre indéterminable de nominations : le véhicule très promotionnel de Karine Vanasse "Polytechnique", ce Elephant pour public averti du 450; devancé de près par "Dédé à travers les brumes", une illustration bouleversante de la lente et inexorable descente aux enfers vécue par ce personnage mythique et véritable icône d'une génération, Fanfan Dédé.
Authentiques poids plumes dans ce combat de coq à finir : le délire narcissique auto-financé de Xavier Dolan, la brèche de l'enfance colorée de Ricardo Trogi, l'adaptation décevante d'une série à succès, sans oublier un très beau film atypique que personne n'a vu.
Au final pour l'ultime honneur, 5 films représentatifs de la vitalité du cinéma québecois. Par ailleurs, une analyse exhaustive des bandes annonces respectives tend à prouver, une fois de plus, que l'année 2009 du cinéma québécois en fut une du plus mauvais cru.
Une émouvante conclusion
Animé par Patrice L'Écuyer, le 12ieme gala des prix Jutras nous promet d'être un rendez-vous, ma foi, presque incontournable.
(Pour faire bonne mesure et meubler désespérément le temps d'antenne, un hommage qu'on espère sentie y sera d'ailleurs rendu à Monsieur René Malo, le David O. Selznick canadien.)
C'est une donc invitation; le dimanche 28 mars 2010. Une heure plus tard dans les maritimes.
En lieu et place, c'est-tu bête, de votre programme favori.
* * *
Dans une prochaine édition -- et si mes calculs sont exacts --, je vous ferai part de ma non-présence aux Rendez-vous du cinéma québécois.
Signé Monsieur Cinécruche, génie fondateur.
Vous pensez que Monsieur Cinécruche devrait s'informer avant de nous renseigner ? Blastez-le sans crainte sur notre mur de la haine. Sinon, venez lui conter fleurette en enregistrant un commentaire ci-dessous.

2 commentaires

Anonyme a dit…

Permettez-moi, Monsieur Cinécruche, vous qui suintez le vocabulaire savant à plein clavier, de vous faire les deux remarques suivantes.

Vous écrivez: "...Pas assez ceci pour les uns, voir trop peu cela pour les autres,..."

Ici, le mot VOIR est en réalité un adverbe et on doit l'écrire avec un E final comme dans VOIRE. Le mot prend le sens de "et même". Je n'ai rien à voir là-dedans, c'est la faute à petit Robert.

Deuxième remarque, ce coup-ci au sujet de "bonne augure".
Augure...
Augure, c'est masculin. Aussi masculin que, par exemple, un certain Jean Dion (que je trouve irrésistiblement masculin. Mais je m'égare). On écrira donc "de bon augure". Encore la faute à ce sacré petit Robert.

C'est avec grande affection que je vous écris car vos propos, règle générale, suscitent joie et jubilation en moi et illuminent mes journées grises et mornes.

Meilleures salutations,

une lectrice fidèle.

Cinécruche a dit…

C'est bien la DERNIÈRE fois que je soumets un texte sans le faire corriger par HAL 9000. Heureux tout de même de constater que j'ai au moins UNE lectrice fidèle ;-)