Le billet de Monsieur Cinécruche

Aujourd'hui :
Les prix Oscars, un regard
Avant-propos prestigieux
Selon des sources faisant référence en la matière, le 7 mars prochain aura lieu la 82ieme cérémonie des fameux prix Oscars.
Le rendez-vous annuel des esprits fins, alors que strass, paillettes et expression faciale momifiée de Nicole Kidman fouleront tous le proverbial tapis rouge sous l'hystérie collective d'une foule avertie. Une occasion unique de se rincer l'œil, donc. Mais, plus encore, la chance inespérée d'assister à une production télévisuelle épatante ponctuée de numéros de variétés formidables, de performances musicales incroyables et de discours de remerciement interminables, le tout entrecoupé, comme le veux la tradition, de pauses publicitaires incalculables pour en arriver, enfin, le bol de croustilles vide mais les yeux pleins d'étoiles, à l'apothéose finale où -- Ô joie suprême -- James Cameron prendra seul la parole, le port altier et le verbe grave, afin de remercier, dans un moment d'anthologie empreint d'une émotion sincère, ces belles et grandes personnes bleues (sans qui cette grande aventure n'eut été possible) tout en y allant d'une démonstration foudroyante de sa maîtrise impeccable de la langue des Na'vi -- un exo-dialecte singulier qui, à l'instar du Jean-Claude Van Damme, peut s'avérer difficilement assimilable pour le commun des mortels; un sous-groupe ethnologique auquel Cameron, en toute analyse, n'appartient définitivement pas.
Bref, de quoi joindre l'inutile au parfaitement désagréable.
Un passage obligé
Cela étant, permettez-moi de clore ici ce début d'introduction, ma foi, fort capiteux, afin de m'évanouir, en quelque sorte, dans le vif des choses.
De l'origine des espèces
Tout d'abord, une tranche d'histoire.
Vous n'êtes pas sans savoir qu'en ses débuts glorieux, les prix Oscars n'avaient pas, hygiéniquement parlant, de désignation certifiée. Initialement organisé sous forme de banquet chinois à volonté, les premières éditions des prix sans nom se déroulèrent, en effet, dans un anonymat à la fois simple et raffiné; marquant le pas d'une Amérique encore jeune et insouciante.
Ce n'est que quelques années plus tard que l'entreprise pris véritablement son envol alors que Oscar Wong, traiteur des stars et négociant perspicace, eu l'idée de génie de transformer son établissement culinaire Szechuan en palace de divertissement familial Art Deco; inaugurant ainsi le célèbre Oscar Wong's Chinese Theatre. C'est dans ce temple luxuriant -- véritable Mecque du clinquant -- que les plus immortels d'entre tous eurent désormais la chance de gravir, année après année, les plus hautes marches de ce nouvel Olympe de la cinématographie. Et recevoir, des mains de monsieur Wong lui-même, l'inestimable récompense *.
Toujours selon le Wikipedia (une mine d'information des plus étonnante), c'est cette forme qui a perduré -- à quelques détails près -- jusqu'à nos jours.
(* Il est à noter que Oscar Wong obtiendra à son tour, en 1958, une statuette honorifique saluant l'ensemble de sa contribution, sous les auspices du maître de cérémonie Jimmy Stewart, et du regard visiblement ému de son jeune fils Bill. Bill Wong.)
Une longue tradition d'excellence
Contrairement à ces distinctions ayant fait choix de naviguer dans les eaux troubles d'un populisme d'une consternante vulgarité, un prix Oscar n'a qu'un but : récompenser l'excellence cinématographique en se basant uniquement sur la valeur artistique de l'œuvre -- aussi ardue soit-elle --, et ce, avant toute autre considération.
Ben-Hur, Rocky et Marisa Tomei ne sont que quelques échantillons de ce refus obstiné de céder à la complaisance insidieuse de l'air du temps, mais, également, au chantage obscène des forces de l'argent.
Sans doute, pourrions-nous adjoindre Gwyneth Paltrow et Cuba Gooding Jr. à cette liste d'une rigueur exemplaire. Malheureusement, une telle action nous est formellement interdite par la plus élémentaire des décences.
Une délectable anecdote
Évidemment, il serait peu professionnel de vous entretenir prix Oscars sans évoquer, d'un même souffle, quelques uns de ses évènements les plus marquants.
Ou, à tous le moins, un de ses faits les plus saillant.
L'année, 1959. L'homme, un artiste de burlesque peu connu de ce coté-ci de l'Atlantique mais incontestable génie comique dans l'Hexagone : Jerry Lewis.
Laissons le traducteur automatique du Google -- une merveille de la cybernétique moderne -- nous relater l'affaire.
Tout en accueillant la cérémonie des Oscars en 1959, Jerry Lewis a été consternée d'apprendre que   le spectacle était à court. « Encore vingt minutes! » Il cria à plusieurs étoiles qui dansaient sur scène.
Quand la danse a augmenté fastidieux, Lewis plan B déroulé: « Nous montrons Three Stooges shorts pour égayer les perdants! » at-il déclaré.
Ensuite, Lewis a saisi un bâton et a commencé à diriger l'orchestre, en criant: « Nous mai obtenir une bar-mitsva sortir de là! »
Quand il a produit une trompette et a commencé à jouer off-clé, cependant, NBC a décidé qu'il était temps de jeter l'éponge et diffusé un programme alternatif judicieusement choisis: un documentaire sur les sports de tir au pistol.
Consignons, pour la petite histoire, qu'il fallu attendre 50 ans avant que Joseph Levitch ne soit de nouveau invité à la fastueuse célébration.
Une conclusion qui se risque
J'espère que ce survol sans prétention des prix Oscars aura su égayer votre déficit d'attention; nonobstant ses nombreux oublis qui sont, croyez-moi, bien volontaires de ma part.
Avant de quitter, quelques pronostics : Avatar 9, Christoph Waltz 1, meilleur film étranger 0.
Et bien sûr, le fait marquant : une présentation spéciale d'un extrait de la version nouvellement restaurée de "Ma vie pour un flingue", un regard tendre et lucide sur les sports de tir au pistol.
* * *
Dans un prochain billet, nous évoquerons l'édition 2010 des prix Jutras *. Et la nomination possible de Christiane Charette pour son interprétation magistrale d'une animatrice de radio vedette; un fabuleux rôle de composition.
(* Nul besoin de me souligner que "prix Jutras" s'écrit avec pas de S, car selon une logique personnelle et tout à fait sans faille : vous avez tort.)
Signé Monsieur Cinécruche, génie fondateur.
Vous trouvez que la réputation de Monsieur Cinécruche est largement surfaite ? Sans doute.     Alors, soulignez-le sur notre mur de la haine. Ou réconfortez son égo malgré tout fragile, en enregistrant un commentaire ci-dessous.

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