Le billet de Monsieur Cinécruche

Aujourd'hui :
La fierté d'une nation
Avant-propos didactique
On sait peu de choses du génie canadien. Certes, certains évènements d'une fulgurance foudroyante seront toujours là pour attester de sa grandeur indéniable (lire ici l'irrésistible présence scénique de William Shatner aux jeux de Vancouver 2010); mais que connaît-on vraiment de cette évidence pourtant si familière mais terriblement négligée par notre capricieuse mémoire collective ?
Leonard Cohen ? Glenn Gould ? Alan Thicke ?
Désirant faire œuvre utile dans le vaste domaine des causes perdues d'avance -- et dans un souci d'évangélisation patriotique qui m'honore --, voici donc quelques exemples probants de l'existence incontestable de cette chose immatérielle et improbable rejeton issu de l'union contre-nature entre deux termes en apparence antinomique : le génie canadien.
Le tout, bien sûr, dans toute sa beauté filmique.
Un vrai régal
Boulettes de viandes (1979)
Bien avant qu'Hollywood récupère le tout pour en faire une version animée d'une navrante platitude, le film "Boulettes de viandes" a su dérider une génération entière de canadiens canadiennes friands d'un humour à la fois subtil et de bon goût. Cette comédie, portée par le charisme incroyable d'un jeune et fringant Bill Murray, aura toujours une place de choix dans la vidéothèque personnelle de notre cinématographie nationale.
Le pinacle d'un sous-genre
Chez Porky (1982)
Œuvre jalon dans l'histoire du septième art, "Chez Porky" marque l'avènement d'un nouveau genre jusque là inconnu; la comédie juvénile. Réalisé de main de maître par Bob Clark, à qui l'on doit également les classiques "Les P'tits génies", "Le Karaté Dog" ainsi que l'histoire du petit gars qui veut une carabine pour Noël, "Chez Porky", avec son humour coquin et ses dialogues croustillants, aura laissé un souvenir impérissable dans la mémoire de plusieurs pré-adolescents de l'époque.
Et une trace indélébile dans les caleçons de ceux-ci.
La maestria canadienne à l'état pur
Scanners 3, la conquête (1991)
Christian Duguay. Ce nom ne vous dit probablement rien, mais derrière ce curieux patronyme se cache l'un des plus brillants techniciens de l'image que le Canada ait connu. Véritable réincarnation de la virtuosité wellesienne dans toute sa splendeur ambersienne, l'œuvre de Duguay est immense; et "Scanners 3" son insurpassable testament artistique.
Un visionnement de sa bande-annonce vous convaincra.
Un film à notre image
Les Trailer Park Boys - Le film (2006)
Savoureux, truculent, picaresque. Aucun dictionnaire des synonymes ne peut rendre justice à "Les Trailer Park Boys - Le film"; cette illustration minutieuse de l'incomparable esprit bon-enfant qui nous distingue tant. Mais, plus important, nous rassemble. Un film à savourer entre amis. Avec une caisse de Molson Canadian. Et un grand bol de Lays au bon goût de chez nous.
Une œuvre qui transcende les âges
Passchendaele (2008)
En 2008, un film sorti de nulle part est venu stigmatiser la fibre nationale de tous les canadiens canadiennes. D'un lyrisme bouleversant rappelant Docteur Jivago, et d'un souffle épique n'ayant d'égal que Lawrence d'Arabie; ce film à la fois intimiste et grandiose raconte la déchirante histoire d'amour entre un soldat canadien, sa promise et un stylo bille. Ce film admirable, vous l'avez bien sûr deviné, est Passchendaele.
Ce magnifique inconnu
À n'en point douter, le cinéma canadien vaut le détour. De Flin Flon à Red Deer, il est le reflet inaltérable de notre fierté collective. Une fierté qui nous défini non seulement comme peuple, mais également comme nation.
Une conclusion qui résume tout
Pour conclure, j'aimerais d'ailleurs vous convier à un rendez-vous télévisuel historique le 12 avril prochain. (En fait, j'aimerais vous convier maintenant mais le rendez-vous historique est le 12.)
Une date à retenir, puisque les prix Genie Awards -- pur Graal cinématographique de notre grand pays -- célébreront, dans le faste et l'apparat, un 30ième anniversaire d'existence qui, j'en suis convaincu, promet d'être mémorable.
Quoi qu'il arrive, moi j'y serai. Position 23 sur votre Videoway.
Juste après les reprises de la Chambre des communes.
* * *
Dans une prochaine édition, nous examinerons la vie et l'œuvre de ce grand tragédien outrageusement méconnu : Kenneth Welsh.
Signé Monsieur Cinécruche, génie fondateur.
Vous pensez que Monsieur Cinécruche mérite de recevoir l'Ordre du Canada ? Faites-le lui savoir en enregistrant un commentaire ci-dessous. Ou couvrez-le de bêtises sur notre mur de la haine.

3 commentaires

Angélique Soleil Lavoie a dit…

C'est plus fort que moi, l'alarme à la faute. Je pense que tous les profs ont une tare dans leur acide désoxyribonucléique codée exprès pour faire suer les autres.

« En 2008, un film sorti de nulle part est venu stigmatiser la fibre nationalE »

T'écris très bien, j't'assure.
(ou « T'écris très bien, t'assures. »)

Cinécruche a dit…

Je crois que ce proverbial E manquant est le dernier clou dans le cercueil de ma crédibilité.

HAL 9000 a dit…

@Angélique et par ricochet @ M.Cruche

Vous avez tous deux passé par dessus une grossière erreur dans la phrase suivante :

Une fierté qui nous défini non seulement comme peuple, mais également comme nation.


À vos Bescherelles...


Ah là là ...quels amateurs...

HAL