Carte blanche à...

Avertissement : Cinecruche.com ne peut guère être tenu responsable des pensées, opinions et autres circonvolutions préjudiciables émises dans le cadre de la chronique "Carte blanche à...".
Cinecruche.com ouvre ses portes à un être d’exception tout aussi humble qu’implacable et dont l'expertise dépasse de loin les limites de l’autoroute de la Beauce : Cecil B. Deux Mille.
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Les belles histoires d'Oncle Cecil
Avec Cecil B. Deux Mille
Aujourd'hui :
Un classique surévalué de l'horreur, Fanny et Alexandre
Un début laborieux
L'histoire débute par un somptueux banquet de Noël dans une grande maison de riche. Riche mais trop radin pour avoir l'électricité, puisqu'on y utilise, au grand dam de Sam le Pompier, la chandelle à profusion.
Plus tard, le petit garçon qui se prénomme Alexandre fait une overdose de pâté à la viande et hallucine sur la femme de chambre boiteuse qui tient des poses lascives à la Anne-Marie Losique.
Tout ça pendant que sa grand'mère prend un coup solide au cognac.
Et que les grands font du sexe à qui mieux-mieux.
Mon analyse de mi-parcours
Que dire de ce départ languissant ? Couper sur les décors en faveur d'un éclairage électrique serait un choix logique. Mais il faut l’admettre, faire dormir tous les enfants dans la même chambre, c’est déjà un début.
Sans doute une bonne paire de claques suivie d'une crise de nerf aurait amené un peu d'action. De plus, bien que le récit contienne sa bonne part de scènes à caractère sexuel, une soirée d'Halloween aurait été beaucoup plus pertinente, me semble-t-il, pour un drame d'horreur.
Bref, on s'ennuie royalement durant la première partie.
La petite Fanny en des jours plus heureux.
Pas de sang; tout ça manque cruellement de sang ! Et la grand'mère qui placote comme un personnage de Mia Ridez dans Rue des Pignons. Tellement que son mari fini par s'endormir.
Et nous également.
Ensuite, ça s'améliore
Soudain, le père meurt d'on ne sait quoi. Mais la caméra nous laisse entrevoir, au pied du lit, une chaudière remplie de vomi qui ressemble étrangement... à du pâté à la viande. Mystère.
Le cadavre du père avec, à ses pieds, le moulin à viande meurtrier.
Mais pas tant que ça
Assez rapidement la maman prend un nouvel époux. Il est apparemment gentil, mais c'est faux. En fait, il aime fumer la pipe et martyriser les enfants. Un homme bien de son temps, quoi.
Tout de même généreux de nature, il fait aussi des misères aux enfants des autres et partage ses trucs avec la domesticité. Ça se comprend il est évêque de métier; il sait donner la leçon.
Les sévices du charmant homme se poursuivent ainsi pendant quelques bobines; procurant au film le plus gros de ses moments de terreur.
* * *
Éventuellement l'affreux personnage passe au feu et c'est bien fait pour lui.
Mon analyse finale
Ça me rappelle à la fois La Famille Addams (pour la saga familiale), Les Autres (pour les enfants qui capotent) et Aurore, l'enfant martyre (pour le fouet et le séjour au grenier).
Mais somme toute, rien de très original.
Convenu est le dénouement (le Bien l'emporte sur le Mal) mais admettons que le climax est assez surprenant et qu'il y a une morale à la clé : le méchant est puni par où il a péché.
Le sombre vilain avant que sa robe ne prenne en feu.
Celui-ci porte constamment une robe noire et quand elle prend en feu (et oui! encore le feu), personne ne l'aide. Cette tombée du rideau enflammée me plait. Mais si la maison y était passée également, avec celles des voisins (et tout le village), ç'aurait eu plus d'impact sur la rétine.
Mon humble avis de retraité actif du Panthéon
Personnellement, je suggère au jeune réalisateur (dont le nom m'échappe) de revoir le scénario au profit de séquences plus punchées et d'un montage plus rapide.
De plus, l'évêque devrait s'en prendre aussi à la petite Fanny, sinon ça sent la discrimination. Lui tirer la tresse à la dérobée, par exemple, c'est un geste parlant et qui ne coûte pas cher. Dans le cas d'Alexandre, il reste de glace face à son beau-père et ça se comprend : il ne reçoit que quelques tapes sur les foufounes ! La sœur de l'évêque devrait être plus folle encore, je la trouvais troublée mais pas très convaincante. Juste un œil croche, un peu d'écume à la commissure des lèvres et voilà ! Le tour est joué !
Côté trame musicale, on peut difficilement faire pire : le néant ou presque. Du Dead, de l'électro, je ne sais pas moi... un peu de Richard Abel à la rigueur. Mais des ritournelles folklo autour de la table, honnêtement, c'est vraiment pas sérieux pour un drame d'horreur.
En résumé
En résumé, il s'agit d'un bon divertissement pour les amateurs du genre mais ça me semble manquer d'expérience, de fini. Le réalisateur a peut-être un certain talent mais généralement on ne décèle pas de personnalité ni de style à l'ensemble. Souhaitons cependant qu'il poursuive; car le talent c'est une chose, mais l'important c'est le travail !
Fanny et Alexandre (6/10)
Drame d'horreur familial en deux actes
Mon appréciation artistique
Scénario convenu et verbeux; bon jeu des acteurs mais direction molle (par exemple, la petite fille qui dit juste : « Moi aussi... »); décor imaginatif (on recycle plein de vieilles affaires) mais pauvreté technique; trucages, cascades et effets spéciaux anémiques. Mention honorable aux effets pyrotechniques de la robe noire en feu.
Signé Cecil B. Deux Mille, être d'exception.
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4 commentaires

Anonyme a dit…

Vous me voyez perplexe... Les petites têtes mises en introduction de votre article proviennent de Fifi Brindacier...

HAL 9000 a dit…

Bienvenue parmi nous, Cecil !

Anonyme a dit…

Me voilà de retour mon frère! Alors, je me relies et je me trouve magnanime, finalement...

Je pensais maintenant à émettre un commentaire sur "Sunset Boulevard", ça mériterait une relecture ce vieux coucou!

Pierre a dit…

(le dernier commentaire est signé CBDM, mes très chers.)